Normes journalistiques F.A.I.R.e pour les médias locaux

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Introduction

Les journalistes, ainsi que les producteurs et les productrices de contenu locaux doivent respecter les normes journalistiques chaque fois que ces professionnels des médias et de la communication travaillent à l'antenne, en ligne, dans la presse écrite ou via d'autres canaux. Vous servez bien votre public quand vous partagez des informations précises et pertinentes sur un sujet local important, tel que la période des semailles, la façon de mélanger les engrais ou la personne à contacter en cas d’urgence. Vous servez bien votre public aussi quand vous présentez tous les aspects d’un sujet controversé, et que vous vous assurez que la discussion est menée en toute franchise et avec intégrité. Votre public récompensera un média ou un communicant digne de confiance, un qui leur donne des renseignements précis et un éventail d’opinions, par leur fidélisation.

En bref`: Normes F.A.I.R.e

Faire preuve d'impartialité : La collecte des informations figurant dans mes nouvelles et mes émissions doit s’effectuer de façon impartiale et équilibrée. Je dois présenter un ensemble d’opinions, et respecter le droit de mes auditeurs et auditrices d’être informés de toutes les facettes d’une situation.

Avec précision : Les renseignements que je publie doivent être factuels et fondés sur des recherches. Je dois présenter tous les faits pertinents existants, et lever toute ambiguïté entre une opinion ou un point de vue et un fait.

Intégrité : Je dois personnellement être intègre et donner rarement mon opinion sur les sujets abordés, surtout lorsqu’ils sont controversés. S’il m’arrive de prendre position, ce doit être uniquement pour stimuler le débat. Si je suis personnellement concerné par un sujet, je dois informer mon public. Et si mon organisation à son point de vue sur le sujet, il me faut également le dire également.

REspect : Je dois respecter les membres du public, qui produisent des denrées pour leurs familles et l’ensemble de la population, et ce, souvent dans des conditions difficiles. Je dois respecter la diversité de mon public et n’avoir aucun parti pris fondé sur le sexe, la race, l’âge, la religion, l’appartenance ethnique, la culture, les croyances ou d’autres facteurs. Tous les invités et les intervenants doivent jouir de mon respect, et le contenu des émissions doit être très respectueux de mon public.

Normes F.A.I.R. détaillées

Faire preuve d'impartialité :

Mes contenus, mes informations et mes nouvelles sont présentés de façon impartiale et équilibrée, et je respecte le droit de mon public d’être informé de toutes les facettes d’une situation.

L'équité et l'équilibre sont au cœur de toute bonne émission de radio d'information, de toute publication sur les réseaux sociaux, de tout journal télévisé, vidéo, article, autre contenu audio (podcast), etc. C’est ce que recherche le public, qui désire connaître toutes les informations et les opinions pertinentes, en particulier celles qui ont trait à des sujets controversés ou importants. Idéalement, un bon journaliste ou une bonne journaliste ou un bon communicateur ou une bonne communicatrice doit présenter toutes les facettes d’un sujet controversé de manière objective et impartiale, afin de permettre au public de se faire sa propre opinion.

Toutefois, il n’est pas toujours possible d’assurer l’équilibre dans une seule émission, un article, ou publication en ligne à cause des contraintes de temps, du décompte de mots, de la non-disponibilité des invités ou d’autres problèmes. Lorsque c’est le cas, je m’assurerai de maintenir un équilibre après la diffusion d’un certain nombre d’articles, de publications ou d’émissions. Par exemple : un épisode pourrait aborder une première facette du sujet, tandis que l’épisode suivant sera consacré à la deuxième facette.

Le fait d’être impartial et équilibré ne signifie pas que je dois approuver chaque point de vue sans le contester. En fait, l’impartialité et l’équilibre nécessitent souvent que je pose des questions difficiles et objectives, des questions qui réfutent les croyances populaires ou de longue date, ou les opinions de personnes importantes.

L’impartialité signifie aussi que je dois avoir une attitude qui encourage les invités qui raconteront une partie importante de la situation, mais qui sont gênés de se faire interviewer ou qui n’ont pas l’habitude d’exprimer leurs points de vue.

Il se peut que je doive protéger l’identité d’une personne qui pense qu’elle subira des torts si elle s’exprime. Dans ces cas, je tâcherai de ne pas divulguer l’identité de ladite personne. Cependant, je devrai m’assurer que la personne concernée a le droit légitime de se prononcer, et que sa requête de garder l’anonymat est justifiée. Dans de telles situations, avant de
prendre une quelconque décision, je dois discuter de la question avec une autre personne de la station en qui les gens font vraiment confiance et qui fait preuve de fiabilité et d’intégrité dans son métier de journaliste.

Je prendrai des précautions en ce qui a trait au partage d’opinions extrêmes, en particulier celles qui pourraient susciter de la haine envers un groupe ou une personne, ou encourager la violence. Une organisation médiatique impartiale et objective doit se départir de ce type d'opinion. Malheureusement, la radio et les médias sociaux peuvent être des outils de propagation très efficace de haine et de violence, et ça peut être tentant de le faire pour que cela fasse le tour du monde. Ce genre de comportement constitue une grave violation des normes journalistiques F.A.I.R.e. Si un invité ou une invitée fait à l’antenne une déclaration pouvant susciter de la haine ou la violence, je me dois de le lui notifier. Je mettrai la personne face à ses responsabilités, et, si elle refuse de retirer les propos offensants, j’écourterai l’interview.

Tout en faisant attention au temps et à l'espace que j’accorde aux opinions extrêmes, il me faudra trouver un moment pour examiner avec délicatesse les raisons profondes de cette haine ou cette violence.

Il existe des situations particulières où il faut être plus prudents par rapport aux questions d’impartialité et d’équilibre, comme c’est le cas en période d’élections. Par exemple : une importante question peut être soulevée durant une campagne électorale, et différents candidats peuvent avoir divers avis et proposer différentes solutions. Je dois présenter ces diverses opinions et solutions de façon objective. Si mon organisation appartient à un candidat qui veut devenir un acteur de la vie publique ou occuper un poste de responsabilité au sein d’un parti, je communiquerai cette information à mes auditeurs et mes auditrices ou à mes lecteurs et mes lectrices.

L’impartialité et l’équilibre requièrent du discernement. Par exemple : il se peut qu’il y ait deux ou trois principaux candidats qui ont de bonnes chances de se faire élire lors d’une élection. Probablement que cinq ou six autres candidats risquent de perdre. Je dois faire preuve de discernement le moment venu de décider le temps que je devrais consacrer pour la couverture de la campagne des candidats « favoris » et celle de ceux qui ont moins de chance de gagner. Dans l’intérêt du public, je couvrirai de mon mieux les campagnes des candidats favoris. Toutefois, il me faudra également réaliser des reportages sur les postes brigués par les autres candidats.

Je dois également faire preuve d’impartialité, d’objectivité et de discernement en ce qui concerne mes contenus interactifs (des tribunes téléphoniques et les interviews réalisées lors des micros-trottoirs pour la radio, les commentaires en ligne, et d'autres sondages et interviews du grand public). Il est toujours bon d’entendre des avis spontanés et intéressants exprimés librement. Cependant, il ne faut pas oublier que les tribunes téléphoniques, les micros-trottoirs et les commentaires exprimés sur les réseaux sociaux ne sont pas des enquêtes scientifiques. Si, au cours d’une tribune téléphonique, toutes les cinq personnes qui appellent expriment le même point de vue, cela ne signifie pas que tout le monde partage ce point de vue. Ces appels pourraient aussi bien provenir de personnes plus nanties que la moyenne de la population, ainsi que de personnes instruites et de sexe masculin. (Ce sont ces personnes qui participent souvent aux tribunes téléphoniques). Je prendrai régulièrement toutes les dispositions pour contacter les personnes les moins susceptibles d’appeler ou d’être interviewées, en effectuant, par exemple, des visites dans un plus grand nombre de régions rurales. (Ce point est détaillé dans le Guide pratique pour la radiodiffusion de RRI sur les tribunes téléphoniques.)

Si le sujet abordé dans une tribune téléphonique est important ou controversé, mais que les appels ne reflètent pas l’éventail d’opinions qui existent déjà à ce propos, je dois trouver le moyen de présenter les autres facettes dudit sujet dans d’autres émissions.

Bien que je vise l'impartialité et l'équilibre, mon travail dans les domaines des médias et de la communication témoigne d'un soutien à l'agriculture d’exploitation familiale et à une vie rurale saine. Toutefois, ce soutien implique de présenter un éventail d'opinions sur toutes les questions importantes pour les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales et les habitants des zones rurales.

Avec précision :

Les renseignements que je publie doivent être factuels et fondés sur des recherches. Je dois présenter tous les faits pertinents existants, et lever toute ambiguïté entre une opinion ou un point de vue et un fait.

Les faits sont importants. Je dois faire des recherches pour m’assurer de pouvoir publier, diffuser et partager en ligne les faits les plus importants et les plus pertinents sur un sujet. Par exemple : dans mes bulletins météorologiques et mes bulletins d’information sur le marché, je dois vérifier les faits pour m’assurer que les renseignements que je fournis sont précis et à jour dans la mesure du possible, et qu’ils proviennent d’une source fiable et digne de confiance. (Si les renseignements sont erronés et dépassés, je sais que cela nuira à la fiabilité de mon travail et de mon organisation.)

Lorsque je recueille des informations auprès d’une autre personne, je dois exercer mon jugement, et mener les recherches comme il convient, pour confirmer ou infirmer les observations de la personne.

Lorsque cela est possible, je dois citer la source des renseignements que je fournis, et identifier tout préjugé que pourrait avoir cette source.

Par exemple : si je réalise un reportage sur une affaire relative à une manifestation d’agriculteurs qui exigent que des routes soient aménagées, je ne dois pas affirmer que les manifestants étaient au nombre de 200, à moins d’avoir été sur place et d’avoir fait le décompte moi-même ou à défaut qu’une personne en qui j’ai confiance ait été là-bas et qu’il les a comptés ou fait une évaluation réaliste. Sinon, voici ce que je devrai dire : « Selon certains observateurs, il y avait 200 manifestants. » Ou mieux encore : « Les organisateurs de la manifestation ont estimé à 200 le nombre de participants, » si ce sont les organisateurs eux-mêmes qui vous ont communiqué les chiffres.

Bien évidemment, il n’y a rien de plus précis que de pouvoir déclarer : « J’y étais et voici ce que j’ai vu. »

Les faits sont mes amis. Ils rendent mes nouvelles et mon émission crédibles, en plus de leur permettre d’exercer un impact. Par exemple : si je produis un article sur la façon dont le changement climatique nuit à la saison de végétation des agriculteurs et des agricultrices locaux, je pourrais simplement dire que : « La saison de végétation a été perturbée par le changement climatique au cours des dix dernières années. » Mais ce serait beaucoup plus tragique et efficace de dire : « Les données météorologiques des dix dernières années indiquent une baisse des pluies de 40 pour cent dans la région et une réduction de la durée de saison de végétation de deux mois. »

Je dois faire attention aux croyances largement répandues. Par exemple : pendant des années, il y a eu plusieurs fausses allégations selon lesquelles un remède avait été trouvé contre le VIH et le sida, et les gens se sont fiés énormément à certaines d’entre elles. Autre exemple : de nombreux agriculteurs et agricultrices croient que le brûlage des résidus de culture est bon pour la fertilité des sols. En effet, certaines preuves confirment cette croyance. Cependant, la plupart des recherches scientifiques démontrent que le brûlage de résidus de culture réduit généralement la fertilité du sol. Autre exemple : il existe une nouvelle variété de manioc résistante aux maladies qui peut aider les agriculteurs ougandais à faire face à certaines maladies graves. Curieusement, une rumeur s’est répandue, affirmant que la nouvelle variété provoquait le cancer. Cette rumeur était totalement erronée, mais elle s’est propagée très rapidement. Pour respecter les normes admises en journalisme, un journaliste ou une journaliste qui réalise des reportages sur cette variété de manioc devrait utiliser des faits et des preuves pour réfuter le mythe selon lequel ladite variété provoque le cancer.

Dans ce genre de situations, je dois vérifier les faits, consulter des experts et dénoncer de ce fait les fausses allégations. C’est la raison pour laquelle, après avoir effectué des recherches sur le sujet abordé, je pourrais dire que : « Les meilleures preuves existantes indiquent que le brûlage des résidus de culture réduit généralement la fertilité du sol, ainsi que les rendements de culture à long terme. » Toutefois, il faut que je le dise de manière à respecter mes auditeurs et mes auditrices. Ils ont besoin des meilleures informations existantes, mais il ne faut pas qu’ils aient l’impression que je suis en train de les juger.

Il faudra que je me rappelle que les spécialistes affirment que leurs collègues agricoles et eux-mêmes ont découvert que cela était vrai la plupart du temps. Il se peut que ce soit leurs propres points de vue ou ceux d’une entreprise ou d’un gouvernement pour lesquels ils travaillent. Le cas échéant, je demanderai aux dits experts de me fournir des preuves de ce qu’ils avancent.

Les stéréotypes sont un problème connexe. Par exemple : certaines personnes croient qu’en Afrique de l’Ouest tous les bergers sont Peuls, et que les Peuls créent des problèmes aux agriculteurs et aux agricultrices ruraux. Les Peuls et leur bétail sont parfois accusés de toutes les mauvaises choses qui surviennent dans une région, y compris les viols perpétrés dans les exploitations agricoles, les vols à main armée sur les axes routiers ou la destruction accidentelle des cultures. Il existe un ensemble de stéréotypes injustes et nuisibles. Il est important d’éviter de stéréotyper une personne ou un groupe, aussi bien d’un point de vue ethnique, culturel, religieux ou autre. Pendant les reportages, je devrai m’en tenir aux faits tels que je les connais, et faire tout pour éviter de renforcer les stéréotypes.

J’aiderai mon public à cerner la différence entre un fait et une opinion concernant des sujets importants. Les opinions constituent une part précieuse et essentielle de ma couverture médiatique locale. Les opinions révèlent ce que ressentent exactement les individus et les groupes d’individus concernant certains sujets, et quelles pourraient être leurs réactions. Cependant, il est primordial que je fasse en sorte que mon public soit informé des faits importants relatifs à un sujet, et qu’il y ait des preuves pour étayer ces faits.

Je ferai tout pour recueillir et j’insisterai auprès des gens pour obtenir des faits. En tant que représentant ou représentante du public, je dois poser des questions que pourraient poser les agriculteurs et les agricultrices faisant partie du public. Ainsi, si une entreprise semencière affirme qu’une certaine variété de semence permet la multiplication du rendement par deux, je lui demanderai de m’en donner la preuve. Si un agent ou une agente de vulgarisation agricole déclare qu’une nouvelle variété ou un nouveau type de labour permet d’accroître les récoltes des agriculteurs et des agricultrices, je lui réclamerai des preuves.

Intégrité :

Je dois personnellement être intègre et donner rarement mon opinion sur les sujets abordés, surtout lorsqu’ils sont controversés. S’il m’arrive de prendre position, ce doit être uniquement pour stimuler le débat. Si je suis personnellement concerné par un sujet, je dois informer mon public. Et si mon organisation à son point de vue sur le sujet, il me faut également le dire à l’antenne.

Je dois m’efforcer de rester neutre, impartial et objectif dans toutes mes émissions, mes publications, mes écrits et mes travaux de journalisme ou de communication. Je dois travailler pour le bien de la communauté, rechercher la vérité, faire un reportage sur les sujets abordés en toute intégrité et indépendance et assumer la responsabilité de mes actes.

Je dois particulièrement faire attention lorsqu’il m’arrive d’avoir une opinion personnelle sur un sujet controversé, étant donné que je pourrais difficilement paraître impartial. Si un aspect de mon expérience ou mon vécu personnel est pertinent pour un tel sujet, je dois le faire savoir au préalable. Par exemple : si j’ai travaillé dans le passé pour une société qui vend un nouveau produit agricole, je dois le signifier au public. Si ma sœur ou un membre de ma famille éloignée dirige une manifestation dont les participants réclament des prix plus élevés pour les agriculteurs sur le marché, je dois également mentionner ce fait.

Même si j’ai une connaissance approfondie du sujet, je sais que ma responsabilité première en tant que journaliste consiste à rassembler des faits et des opinions auprès d’autres personnes. Les contributions d'autres sources enrichissent mes émissions, mes écrits et mes publications grâce à des expériences vécues, d'autres points de vue et d'autres expertises.

Parfois, il pourrait arriver que j’exprime un point de vue sur un sujet controversé uniquement pour stimuler une discussion ou amener les gens à fournir plus d’informations. Dans les deux cas, je dois essayer de me démarquer de ce point de vue. Par exemple : dans un entretien avec le responsable d’un dispensaire, je pourrais déclarer : « Donc vous êtes en train de me dire que si je suis une jeune femme qui ressent de « très fortes douleurs au niveau du pelvis », il n’y a rien que vous puissiez faire pour moi dans votre dispensaire, est-ce exact? »

L’intégrité signifie que non seulement je vais dire au public ce que je sais, mais également ce que je ne sais pas. Par exemple : si je prépare un article sur les puits contaminés par un produit chimique toxique, je dois dire combien de puits sont concernés par le problème, et toute autre chose qui vaut la peine d’être signalée. Mais, je dois également leur dire que je ne connais pas encore la provenance de cette contamination, ou si elle s’est répandue ou pas. Je dirai aussi que je continuerai de mener des recherches sur cette affaire.

Mon intégrité et ma crédibilité sont particulièrement importantes pour les nouvelles dramatiques et sensibles où les gens peuvent essayer de faire passer les ragots et les rumeurs pour des faits. Par exemple, il y a une rumeur complètement fausse, mais qui s’est pourtant répandue, selon laquelle le fait de consommer beaucoup de patates douces à chair orange peut corriger une très mauvaise vision. Une autre rumeur qui est passée pour un fait a été mentionnée auparavant. Il s’agit de la rumeur concernant la variété de manioc qui soi-disant provoque le cancer.

Parfois, il se peut que je ne trouve personne pour confirmer une facette d’une situation ayant trait à un sujet controversé. Dans ce cas, j’indiquerai les mesures que j’ai prises pour trouver une telle personne, et j’ajouterai que je poursuivrai mes recherches.
J’indiquerai également la raison pour laquelle il n’a pas été possible de joindre un invité ou une invitée pour recueillir ses commentaires. Et bien que cela pourrait être un fait que d’affirmer que « Madame la ministre X avait dit qu’elle ne pourrait pas accorder d’interview pour notre émission, » c’est preuve d’intégrité et d’objectivité que d’ajouter : « car elle assiste au mariage de sa fille. »

Il arrive parfois qu’après les discussions avec les agriculteurs et les agricultrices locaux, mon organisation médiatique veuillent se prononcer sur une pratique agricole particulière. Par exemple : mon organisation pourrait décider de se servir d’une émission pour promouvoir une certaine pratique agricole, telle que la culture du haricot en association avec le maïs, une meilleure méthode de fabrication du compost, ou une technique de conservation du maïs visant à empêcher les organismes nuisibles de détruire la récolte. Dans de tels cas, je dois dire à mon public que nous prenons position, et lui signifier les raisons pour lesquelles nous avons pris une telle décision. De plus, je dois leur préciser les émissions ou les publications qui feront état de notre choix. Cependant, je dois continuer à diffuser un ensemble d’opinions sur cette pratique agricole particulière dans ces émissions.

REspect :

Je dois respecter les membres du public qui produisent des denrées pour leurs familles et l’ensemble de la population, et ce, souvent dans des conditions difficiles. Je dois respecter la diversité de mon auditoire et n’avoir aucun parti pris fondé sur le sexe, la race, l’âge, la religion, l’appartenance ethnique, la culture, les croyances ou d’autres facteurs. Tous les invités et les intervenants doivent jouir de mon respect, et le contenu des émissions doit être très respectueux de mon auditoire.

J'ai une relation spéciale avec mon public. Cette relation doit être fondée sur une entente tacite et verbale. Je m’engage à produire une émission, une chaîne, ou une publication intéressante, pertinente et objective, et les membres du public s’engagent à écouter, lire, suivre et interagir, et éventuellement prendre des mesures sur la base de ce qu’ils ont appris. Il s’agit d’une entente de respect mutuel. Je dois prouver ce respect en présentant une grande variété de nouvelles et de points de vue, tout en restant personnellement neutre et ouvert aux idées et même aux opinions impopulaires.

Je dois traiter mes invités et mes intervenants de manière équitable et respectueuse. Ils doivent savoir pourquoi ils seront interviewés, quels sont les sujets dont ils devront parler, afin qu’ils aient le temps de se préparer. Cela ne signifie pas que je ne poserai pas de questions difficiles à mes invités. C’est plutôt le contraire. En tant que représentant du public, je dois leur poser des questions difficiles que se pose mon public. Je dois le faire tout en restant courtois envers mes invités.

Il arrive de temps en temps que chacun se trompe. Lorsque je me trompe, je dois l’admettre au public le plus rapidement possible. C’est une marque de respect envers les membres de mon public, et une partie de l’entente que j’ai conclue avec eux.

Si quelqu’un émet une plainte par rapport à mon travail, je dois répondre le plus rapidement possible. Si la plainte est sérieuse, je soumettrai le problème aux responsables de l'organisation.

Autres sources d’information sur les normes journalistiques :

The British Broadcasting Corporation, non daté. Editorial Guidelines. http://www.bbc.co.uk/editorialguidelines/guidelines

The Canadian Broadcasting Corporation (Radio Canada), non daté. Normes et pratiques journalistiques. http://www.cbc.radio-canada.ca/fr/rendre-des-comptes-aux-canadiens/lois-et-politiques/programmation/journalistique/

National Public Radio (NPR), non daté. NPR ethics handbook. http://ethics.npr.org/

Australian Broadcasting Corporation, 2011. ABC Editorial Policies—Principles and Standards. http://about.abc.net.au/wp-content/uploads/2015/09/EdPols2015.pdf

Remerciements

Rédaction : Liz Hughes. Cela fait plus de 40 ans que Liz Hugues travaille dans le secteur canadien de la presse écrite, la radio, la télévision et le journalisme en ligne, où elle a occupé les postes de journaliste, de réalisatrice, de chef de production, de rédactrice en chef et de cadre. Elle est membre du conseil d’administration de RRI. Avec la collaboration de : Doug Ward, président du conseil d’administration de RRI; Sylvie Harrison, chef d’équipe chargée du développement des métiers radiophoniques de RRI; Vijay Cuddeford, rédacteur de FRI; Kevin Perkins, directeur général de RRI; Edwin Kumah Drah, agent de développement des métiers radiophoniques de RRI-Ghana; et Rosemary Gaisie, Ghana Broadcasting Corporation et formatrice de RRI.

À propos des normes de Radios Rurales Internationales

En 2008, Radios Rurales Internationales a commencé à utiliser les normes V.O.I.C.E. pour la réalisation des émissions agricoles. Ces normes aident les radiodiffuseuses et les radiodiffuseurs à produire des émissions qui fournissent des informations pratiques, permettent aux agriculteurs et aux agricultrices d’exprimer leurs opinions et attirent un grand nombre d’auditeurs et d’auditrices engagés. En 2026, cela est devenu les Normes de Qualité VOICES de Radios Rurales.

RRI souhaite aider les professionnels des médias et de la communication à gagner la confiance de leur public. C’est pourquoi nous avons lancé les normes journalistiques F.A.I.R. en 2016 et les avons mis à jour en 2026. Nous espérons que les radiodiffuseurs et les radiodiffuseuses trouveront cet outil utile. Nous vous encourageons à nous faire part de vos commentaires sur les normes F.A.I.R. afin que nous puissions les améliorer au fil du temps.Veuillez envoyer vos commentaires à info@farmradio.org

Projet réalisé avec l’appui financier du Gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada (AMC)