Comment éviter de porter atteinte à des personnes vulnérables lors d’entretiens : éthique de la radiodiffusion en situation d’urgence
Introduction
Le respect de l’éthique est toujours important dans la radiodiffusion, mais il est particulièrement crucial lorsqu'il s'agit d'interviewer ou de réaliser des reportages sur des personnes vulnérables. Il s'agit notamment des enfants, des survivants de traumatismes ou de violences, des personnes handicapées, des réfugiés et des membres de communautés marginalisées. Sans une réflexion approfondie, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent involontairement porter atteinte aux droits ou à la dignité de ces groupes ou les exposer à un risque accru.
Ce guide pratique s’adresse aux radiodiffuseurs et radiodiffuseuses (Bh2) et leur fournit des lignes directrices essentielles pour garantir que les personnes vulnérables soient traitées avec respect et attention lors des interviews. En adhérant à ces principes éthiques, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent contribuer à une narration plus éclairée et plus empathique, tout en s'assurant que leur travail ne cause aucun préjudice. L'objectif est de promouvoir un reportage responsable qui préserve la dignité, la vie privée et la sécurité des personnes vulnérables interviewées.
De nombreuses personnes vulnérables sont déjà confrontées à des difficultés importantes dans leur vie, et leur exposition médiatique lors d'interviews peut parfois aggraver ces difficultés. Les journalistes et les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses ont la responsabilité non seulement de rapporter la vérité, mais aussi de veiller à ce que leurs méthodes ne causent pas de préjudice supplémentaire. En suivant ces directives éthiques, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent contribuer à protéger les personnes interviewées et à promouvoir une culture de respect et de compréhension.
En quoi la compréhension de l'éthique journalistique peut-elle m'aider à mieux servir mon public ?
- Cela peut vous aider à vous assurer que, lorsque vous partagez des informations précieuses, vous ne divulguez pas d'informations qui pourraient mettre en danger les membres de la communauté.
- Cela permet de garantir que les informations que vous partagez sont sensibles et responsables.
- Les normes éthiques renforcent votre crédibilité en démontrant votre souci des personnes touchées par la crise. Cela permet également d'instaurer la confiance auprès de votre public, qui peut être sûr que vous accordez la priorité à la dignité humaine tout en rapportant la vérité.
En quoi la compréhension de l'éthique dans le reportage peut-elle m'aider à produire de meilleures émissions ?
- Faire preuve d'éthique dans le reportage peut m'aider à gagner la confiance du public.
- Lorsque les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses respectent les principes éthiques, ils sont plus susceptibles de gagner la confiance des agences humanitaires. Cela peut faciliter le partage plus exhaustif d'informations et la collaboration plus étroite en situation de crise.
- Les pratiques éthiques conduisent à une narration plus empathique et nuancée qui trouve un écho profond auprès du public, car elle informe tout en respectant les expériences vécues par les personnes vulnérables.
Par oû commencer ?
1. Identifier les groupes vulnérables
2. Comprendre le contexte
3. Consentement éclairé
4. Protection de la vie privée et de la confidentialité
5. Questions réfléchies
6. Utilisation du langage
7. Précision et responsabilité
8. Offrir un soutien après l'entretien
9. Considérations éthiques avant la diffusion
Défis éthiques liés à la diffusion
L'un des principaux défis éthiques lors de l'interview de personnes vulnérables est le déséquilibre de pouvoir entre le diffuseur et la personne interviewée. L'intervieweur est celui qui pose les questions, il peut avoir un niveau d'éducation plus élevé, un revenu plus important et d'autres attributs associés au pouvoir. Ce déséquilibre peut amener la personne interviewée à se sentir obligée de partager davantage d'informations qu'elle ne le souhaiterait. Les personnes vulnérables peuvent ne pas avoir la capacité ou la conscience nécessaires pour fixer des limites, en particulier dans des situations d'urgence, ce qui peut les conduire à être exploitées.
De plus, lorsque ces interviews sont diffusées, des détails sensibles sur la vie d'une personne peuvent être rendus publics, l'exposant à la stigmatisation ou à des préjudices potentiels. Cela peut être particulièrement dangereux pour des groupes tels que les réfugiés ou les survivants de conflits, dont la mise en lumière pourrait compromettre leur sécurité. Par exemple, les populations réfugiées peuvent être exposées à des risques accrus si leur identité est révélée, notamment à des persécutions ou à des représailles.
Tenez compte de ces questions éthiques et réfléchissez à la manière d'atténuer ces risques afin de produire une émission de grande qualité qui respecte votre public et vos invités. En adoptant une approche « ne pas nuire », les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent créer des contenus à la fois informatifs et empathiques, garantissant ainsi que la voix des personnes vulnérables soit relayée sans être détournée ou sensationnalisée.
L’Approche « Ne pas nuire » aide à identifier les impacts négatifs ou positifs involontaires des interventions humanitaires et de développement dans des contextes de conflit ou de risque de conflit. (Réseau inter-agences pour l'éducation en situations d'urgence)
Détails
1. Identification des groupes vulnérables
L'identification de ces groupes dès le début du processus de planification permet de garantir la prise en compte des considérations éthiques. Nous présentons ici quelques-uns de ces groupes et les raisons de leur vulnérabilité, mais vous pouvez en trouver d'autres.
Les enfants : les entretiens avec des mineurs exigent une sensibilité accrue. Les enfants sont souvent incapables de comprendre pleinement les implications à long terme de leur participation aux médias. La meilleure pratique consiste à obtenir le consentement d'un parent ou d'un tuteur, en particulier pour les enfants en dessous d'un certain âge. Lorsque vous abordez des sujets sensibles, comme la violence ou les agressions, il est important de donner la priorité au bien-être émotionnel et mental de l'enfant. Pour un exemple d'entretien sensible, consultez l'épisode du podcast « This is How I... » des Radios rurales consacré aux entretiens avec des mineurs.
Réfugiés et personnes déplacées : Les réfugiés et les personnes déplacées par des situations d'urgence, comme des inondations, sont particulièrement vulnérables, non seulement en raison de la perte de leur foyer, mais aussi parce qu'ils sont exposés à un risque accru de violence secondaire, notamment de viol, de harcèlement ou de vol. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent être conscients des risques potentiels pour la sécurité que pourrait représenter le fait de partager publiquement leurs histoires. Il est tout aussi important de reconnaître et d'atténuer les risques de retraumatisation pendant les entretiens en respectant leurs limites personnelles et leur état émotionnel. Enfin, n'oubliez pas que leur statut de personnes déplacées n'est pas leur seule caractéristique. Ces personnes faisaient autrefois partie d'une communauté, avaient un emploi et une famille, et espèrent retrouver cette vie. Évitez les stéréotypes lorsque vous décrivez les réfugiés et les personnes déplacées.
Les survivants d'un traumatisme (par exemple, les victimes de violence, d'abus ou de conflit) : les personnes qui ont vécu des expériences traumatisantes risquent d'être retraumatisées si les questions de l'interview ne sont pas formulées avec soin. Les survivants peuvent ressentir une détresse émotionnelle lorsqu'ils évoquent des souvenirs douloureux. C'est pourquoi les journalistes doivent faire preuve de sensibilité dans la formulation de leurs questions, en tenant compte du ton, du moment et de la profondeur de leurs interrogations. Il peut également y avoir des implications juridiques ou sécuritaires si le survivant se trouve dans une situation sensible ou instable.
Les personnes issues de communautés marginalisées (par exemple, les minorités ethniques, sexuelles ou de genre : sont confrontées à des défis systémiques, notamment la discrimination, l'exclusion sociale et des menaces pour leur sécurité personnelle. Ces personnes peuvent déjà se sentir vulnérables dans leur vie quotidienne et hésiter à participer à une interview, de peur d’être davantage marginalisées ou de subir des réactions négatives. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent tenir compte du contexte social et culturel dans lequel ces groupes évoluent, et veiller à ce que leur dignité soit préservée tout au long du processus d'interview.
Les personnes souffrant de troubles mentaux ne sont pas toujours en état de consentir à une interview ou d’exprimer clairement leurs pensées. Les troubles mentaux, tels que l'anxiété, la dépression ou le syndrome de stress post-traumatique, peuvent être exacerbés par des questions insistantes ou intrusives. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent être conscients de l'état émotionnel de la personne interviewée et éviter de poser des questions susceptibles d'aggraver son état.
Il est également important de reconnaître que la vulnérabilité n'est pas toujours statique : elle peut varier en fonction de la situation ou de l'environnement spécifique. Une personne peut par exemple ne pas être considérée comme vulnérable en temps normal, mais certains facteurs, tels que des troubles politiques, un traumatisme personnel ou une insécurité juridique) peuvent la rendre plus susceptible de subir un préjudice dans certains contextes. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent évaluer et réévaluer en permanence la vulnérabilité d'une personne, avant et pendant l'entretien, tout en restant conscients des pressions externes qui peuvent accroitre le risque pour la personne interviewée.
2. Comprendre le contexte
Il est essentiel de comprendre le contexte culturel dans lequel vivent les personnes vulnérables et les survivants. Les intervieweurs doivent s'informer sur les normes et les valeurs culturelles de la communauté, ainsi que sur le contexte actuel, afin de garantir un engagement respectueux.
Établir des relations avec les dirigeants locaux peut aider à instaurer la confiance et à mieux comprendre comment aborder les entretiens avec tact. Dans certains contextes, il peut être judicieux de demander aux dirigeants communautaires de participer aux entretiens afin de garantir leur respect et leur exactitude. Cette collaboration favorise la confiance et permet d’obtenir des récits plus authentiques et ainsi éviter les stéréotypes et favoriser la compréhension. Vous pouvez envisager d'obtenir le consentement éclairé de l'ensemble de la communauté, en reconnaissant l'appartenance collective des récits au sein des cultures autochtones.
Dans d'autres contextes, vous devrez utiliser d'autres techniques pour mettre votre interlocuteur à l'aise tout en comprenant mieux le contexte culturel. Cela peut inclure d'interviewer également des amis ou des membres de la communauté en qui vous avez confiance, voire de les faire assister à l'entretien.
Le fait de s'engager auprès des structures communautaires peut également aider à soutenir les survivants et à garantir que leurs besoins soient pris en compte en priorité dans le processus d'entretien. Cela peut inclure la présence d'un travailleur social pendant l'entretien.
Pour en savoir plus, consultez les ressources 8 et 13.
3. Consentement éclairé
Le consentement éclairé est la pierre angulaire d'une diffusion éthique, en particulier lors d'entretiens avec des personnes vulnérables. Il ne s’agit pas seulement d’obtention un accord verbal ou écrit, mais de garantir que la personne interviewée comprend pleinement les implications de sa participation et est en mesure de faire un choix véritable. Voici en détail ce que ce processus implique :
Expliquer clairement l'objectif de l'interview : le diffuseur doit commencer par expliquer les raisons de l'interview en termes simples et directs. La personne interviewée doit savoir pourquoi son histoire est importante, comment elle contribuera au récit global et quelles pourraient être les conséquences potentielles du partage de son expérience. Cette étape permet d'instaurer la confiance et la transparence, et permet à la personne interviewée de prendre une décision éclairée quant à sa participation.
Informez la personne interviewée de la manière dont ses informations seront utilisées et partagées : il est essentiel de préciser comment les informations recueillies lors de l'interview seront utilisées, qu'il s'agisse d'une diffusion à la radio, d'une publication en ligne ou d'une parution écrite. Si le contenu est destiné à être largement diffusé ou publié sous plusieurs formats, cela doit être clairement indiqué. Si l'interview est susceptible d'être partagée à nouveau ou archivée pour une utilisation future, la personne interviewée doit également en être informée.
Assurez-vous que la personne interviewée comprend parfaitement ce à quoi elle consent : certaines personnes peuvent avoir du mal à comprendre les conséquences potentielles d'une exposition publique, en particulier si elles appartiennent à des groupes vulnérables. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent utiliser un langage accessible, en évitant le jargon technique, afin de s'assurer que la personne interviewée comprend parfaitement les implication de sa participation. Cela inclut la discussion des risques potentiels, tels qu’une attention accrue du public, des réactions négatives de la société ou des implications juridiques. Invitez la personne interviewée à poser des questions ou à demander des éclaircissements avant d'accepter de poursuivre.
Assurez-vous également que la personne interviewée se sente à l'aise pour participer : les personnes vulnérables peuvent ne pas se sentir en mesure de refuser une interview, en particulier, si elles perçoivent le diffuseur ou la diffuseuse comme une figure d'autorité ou si elles ressentent une pression sociale pour participer. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent créer un espace sûr et non coercitif dans lequel les personnes interviewées se sentent tout à fait à l'aise pour refuser ou se retirer de l'interview. Il faut surveiller les indices verbaux et non verbaux afin de détecter toute hésitation et rassurer la personne interviewée sur le fait qu'il n'y aura aucune conséquence négative si elle refuse de participer.
Considérations particulières pour les enfants : lors d'entretiens avec des enfants ou des mineurs, le consentement éclairé nécessite des garanties supplémentaires. Le consentement doit être obtenu auprès d'un parent ou d'un tuteur, après s’être assuré qu'il comprend les risques et les avantages de la participation de l'enfant. De plus, l'accord volontaire de l'enfant doit être obtenu afin de respecter son autonomie. Cela permet également de s'assurer que l'enfant est conscient de l'entretien et qu'il est disposé à y participer de son plein gré, sans contrainte. Il est également important d'adapter le langage utilisé pour s'adresser aux enfants, en veillant à ce que les informations soient claires et adaptées à leur âge.
Le consentement éclairé est bien plus qu'une simple formalité juridique ; il s'agit de protéger les droits et la dignité des personnes vulnérables. En veillant à ce que les personnes interviewées comprennent pleinement la portée et les implications de leur participation, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent renforcer la confiance et minimiser les préjudices.
4. Protection de la vie privée et de la confidentialité
La protection de la vie privée et de la confidentialité des personnes vulnérables interviewées est un aspect essentiel de l'éthique audiovisuelle. Les personnes vulnérables peuvent en effet être exposées à des risques accrus, tels que la stigmatisation, le harcèlement, voire des dangers physiques, si leur identité ou des informations sensibles sont divulguées. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent veiller à respecter une confidentialité stricte afin de protéger les personnes interviewées contre tout préjudice.
Éviter de révéler des informations identifiables : les détails personnels tels que les noms complets, les lieux précis ou d'autres caractéristiques identifiables doivent être exclus de la diffusion, sauf si la personne interviewée a donné son autorisation explicite. Cela est particulièrement important lorsqu'il s'agit de survivants de traumatismes, de réfugiés ou de personnes en danger sur le plan juridique ou personnel. Même des détails apparemment anodins, comme des références à des lieux ou à des membres de la famille, pourraient révéler par inadvertance l'identité d'une personne et la mettre en danger.
Utilisez des pseudonymes ou des identifiants vagues : dans les cas où l'anonymat est crucial, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent envisager d'utiliser des pseudonymes ou des identifiants vagues. Au lieu de désigner une personne par son vrai nom, on pourrait par exemple l'appeler « John, originaire d'un village non divulgué » ou « un survivant du nord du Kenya ». Il convient de veiller à ce que les pseudonymes soient neutres et respectueux, et non sensationnels ou exotiques (comme « Guerrier du désert » ou « Ombre des bidonvilles »), ce qui risquerait de stigmatiser davantage la personne interviewée. Cela peut impliquer de demander à quelqu'un d'autre de lire ses citations afin de dissimuler sa voix. Le format « tape talk » est idéal pour cette approche. Pour en savoir plus sur le format « tape talk », consultez le Bh2 de Radios rurales.
Veillez à ce que les informations personnelles sensibles restent confidentielles : les personnes interviewées peuvent divulguer pendant l'interview des informations personnelles qui ne sont pas destinées à être rendues publiques, telles que des détails sur leur santé mentale, leur situation familiale ou des affaires judiciaires en cours. Même si ces informations sont divulguées ouvertement pendant l’interview, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent s’assurer que la personne interviewée est d'accord pour qu'elles soient diffusées. Les informations sensibles qui pourraient compromettre la sécurité ou la dignité de la personne doivent être supprimées ou gardées confidentielles, sauf si la personne concernée a donné son consentement éclairé et explicite pour les partager.
Stockage et traitement sécurisés du matériel d'interview : outre le maintien de la confidentialité pendant les phases d'interview et de diffusion, il est tout aussi important de protéger la vie privée des personnes vulnérables en traitant de manière sécurisée tout matériel enregistré. Les enregistrements numériques ou physiques, les transcriptions et les notes doivent être stockés de manière sécurisée et ne doivent être accessibles qu'au personnel autorisé. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent mettre en place des protocoles clairs sur la manière dont ils traitent et éliminent les informations sensibles afin de garantir le maintien de la confidentialité même après la diffusion de l'interview.
En accordant la priorité à la vie privée et à la confidentialité, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses protègent les personnes vulnérables contre d'éventuelles répercussions, telles que la stigmatisation, l'examen public ou même les représailles. Cela permet non seulement de renforcer la confiance entre le diffuseur et la personne interviewée, mais aussi de respecter le principe éthique « ne pas nuire » tout au long du processus de reportage.
Pour plus d'informations, voir la ressource 15.
5. Questions réfléchies
Lorsqu'ils interviewent des personnes vulnérables, la formulation et la structure des questions peuvent avoir un impact significatif sur leur bien-être émotionnel et psychologique. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent donc aborder les questions avec attention, sensibilité et respect afin de s'assurer que l'interview ne constitue pas une expérience intrusive ou préjudiciable pour la personne interviewée. Voici quelques conseils pour poser des questions réfléchies :
Évitez de traumatiser à nouveau la personne interviewée avec des questions trop personnelles ou pénibles : Assurez-vous d'avoir un objectif clair avant d’interviewer une personne vulnérable. Définissez votre objectif et la portée de votre reportage. Cherchez-vous à sensibiliser le public, à promouvoir un changement de politique, à promouvoir la paix ? Demandez-vous si vos motivations sont d'aider les personnes vulnérables, de promouvoir la compréhension ou la paix, ou de faire du sensationnalisme. Demandez-vous également si cette personne est la mieux placée pour illustrer votre reportage.
Les questions qui obligent la personne interviewée à raconter des expériences pénibles peuvent causer un préjudice émotionnel. Privilégiez plutôt les questions ouvertes qui lui permettent de partager son histoire à son rythme et selon son niveau de confort. Au lieu de demander « Pouvez-vous décrire la pire partie de votre expérience ? », envisagez plutôt de demander « Que souhaitez-vous partager au sujet de votre parcours ? ».
Formulez vos questions de manière à responsabiliser la personne interviewée : les personnes vulnérables peuvent en effet se sentir moins puissantes ou moins confiantes lorsqu'on leur demande de partager leur histoire. En formulant vos questions avec soin, vous pouvez leur donner le sentiment de contrôler ce qu'elles divulguent. Par exemple, en utilisant des phrases telles que « Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter ? » ou « Qu'est-ce qui est important selon vous que les gens comprennent ? », vous leur donnez l'autonomie nécessaire pour décider de l'orientation de la conversation. Cela permet d'éviter de créer une pression ou le sentiment qu'ils doivent partager des détails inconfortables ou douloureux.
Évitez de dramatiser les expériences : si les récits émotionnels ou traumatisants peuvent attirer le public, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent veiller à ne pas transformer les épreuves vécues par des personnes vulnérables en contenu sensationnaliste. L'objectif de l'entretien doit toujours être d'informer et de sensibiliser, et non de choquer ou de divertir. Veillez à ce que vos questions se concentrent sur des informations pertinentes, des solutions et l'expérience humaine derrière le récit, plutôt que de mettre l'accent sur la tragédie ou les épreuves pour leur valeur choc. Par exemple, au lieu de demander « Racontez-nous en détail comment votre enfant est mort en traversant le désert », vous pouvez demander « Pouvez-vous nous parler des difficultés que votre famille a rencontrées pendant la migration ? ». Cette question permet à la personne interviewée de contrôler le récit et d’éviter d'aborder des détails inutilement douloureux.
Faites preuve d'empathie et de patience : les personnes vulnérables ne sont pas toujours familières avec le déroulement d'une interview. Certaines peuvent avoir du mal à exprimer leurs pensées ou à contenir leurs émotions pendant l’interview. Abordez-les avec patience, en leur laissant le temps et l'espace nécessaires pour s'exprimer sans se sentir pressées. Votre ton doit être empreint d'empathie, en reconnaissant leurs expériences et en montrant que vous vous souciez sincèrement d' de leur bien-être. Il est essentiel d’écouter attentivement sans interrompre pour instaurer la confiance et créer un environnement sûr.
En posant des questions réfléchies, l'objectif est de traiter les personnes interviewées avec le plus grand respect, en veillant à ce qu'elles quittent l'entretien avec le sentiment d'avoir été écoutées et traitées avec dignité, et non pas exposées ou exploitées.
6. Utilisation du langage
Le langage est l'un des outils les plus puissants dont dispose un diffuseur, et il peut influencer la façon dont les histoires sont perçues par le public. Lorsqu'ils interviewent des personnes vulnérables, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent faire preuve de prudence dans le choix de leurs mots afin d'éviter de perpétuer des stéréotypes nuisibles, de stigmatiser des individus ou de minimiser leur humanité.
Évitez les termes stigmatisants ou blessants : certains termes peuvent avoir une connotation négative ou renforcer la stigmatisation. Par exemple, des expressions telles que « victime » peuvent susciter la pitié, tandis que « survivant » est valorisante et met l'accent sur la résilience. Évitez également les termes qui objectivent ou déshumanisent les individus, comme ceux qui les définissent uniquement par leur situation (par exemple, « mendiant », « handicapé » ou « pauvre »). Adoptez plutôt un langage qui respecte leur dignité et les présente comme des individus capables d’agir. Mettez l'accent sur ce que font les gens ou sur leur résilience. Par exemple, au lieu de dire « une veuve laissée sans ressources », vous pouvez dire « une mère qui reconstruit sa vie ». Faites preuve de sensibilité culturelle en utilisant les termes que la personne et/ou sa communauté emploient. Par exemple, ils peuvent se considérer comme des « personnes déplacées » plutôt que comme des « réfugiés ».
Soyez attentif aux stéréotypes et aux représentations négatives : les messages qui renforcent les stéréotypes sur certains groupes, tels que les réfugiés, les personnes handicapées ou les personnes issues de communautés marginalisées, peuvent perpétuer des préjugés sociaux néfastes. Par exemple, dépeindre les réfugiés comme des personnes uniquement impuissantes ou dépendantes occulterait leur résilience, leur ingéniosité et leur force. Il est important de représenter les personnes vulnérables comme des individus complexes ayant des expériences diverses, plutôt que de s'appuyer sur des clichés simplistes ou préjudiciables.
Utilisez un langage centré sur la personne : le langage centré sur la personne met l'accent sur l'individu plutôt que sur sa situation. Par exemple, dire « une personne en situation d'itinérance » plutôt que « un sans-abri » permet de déplacer l'attention de la situation vers l'individu. De même, il est préférable de dire « une personne handicapée » plutôt que « un handicapé ». Ce choix de langage humanise la personne interviewée et évite de réduire son identité à ses difficultés.
En utilisant un langage respectueux et inclusif, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent créer des récits qui remettent en question les préjugés, favorisent l'empathie et présentent les personnes vulnérables sous un jour plus respectueux et digne.
Soyez conscient de vos propres préjugés lorsque vous abordez certains sujets et essayez de rester neutre et respectueux.
7. Exactitude et responsabilité
L'exactitude des reportages est essentielle, mais elle revêt une importance encore plus cruciale lorsqu'il s'agit de personnes vulnérables. Des reportages inexacts peuvent déformer le récit d'une personne, aggraver sa situation ou conduire à une incompréhension du public. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses ont la responsabilité éthique de s'assurer que le contenu qu'ils partagent est véridique, équitable et précis.
Évitez de déformer les propos ou les expériences de la personne interviewée : lors du montage, veillez à ne pas modifier le contexte ou le sens de ce qui a été dit pendant l'interview. Une déformation peut fausser la compréhension du public et nuire à la réputation ou au bien-être de la personne. Veillez à ne pas paraphraser ou reformuler les propos d'une personne de manière à déformer son message ou son intention.
Évitez les commentaires spéculatifs ou les suppositions : les journalistes et les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent éviter de faire des suppositions sur les expériences ou les motivations d'une personne interviewée. Tenez-vous en aux faits fournis par la personne interviewée et résistez à la tentation de spéculer sur des détails inconnus. Les remarques spéculatives peuvent induire le public en erreur et affecter de manière injuste la façon dont la personne interviewée est perçue par le public.
Vérifiez les faits avant de les inclure dans vos reportages car même de petites inexactitudes peuvent avoir des conséquences importantes pour les personnes vulnérables. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent prendre le temps de vérifier toutes les affirmations, données ou informations contextuelles communiquées lors de l'interview. Cela peut impliquer de recouper les informations avec des sources fiables ou de consulter des experts pour s'assurer que la description est exacte. En garantissant l'exactitude et en agissant de manière responsable, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses racontent non seulement des histoires captivantes, mais protègent aussi l'intégrité et la sécurité des personnes concernées.
Si le témoignage d'une personne interviewée contredit des faits connus, traitez-le avec tact. Reconnaissez que, en racontant son expérience, elle a pu commettre des erreurs, car les souvenirs sont souvent vagues et sa perception d'un événement est subjective. Vous pouvez toujours contacter la personne interviewée pour clarifier ses déclarations, en lui indiquant que vous avez reçu des récits contradictoires sur l'événement et que vous souhaitez lui donner l'occasion de clarifier ses propos. Vous pouvez également vous concentrer sur une vision plus globale, notamment l'impact de son expérience sur lui-même et sur sa communauté. Si ces divergences sont susceptibles d'affecter l'exactitude de l'histoire, vous pouvez utiliser une clause de non-responsabilité telle que « Ce récit reflète l'expérience personnelle de l'individu. D'autres sources ont rapporté des détails différents. »
8. Offrir un soutien après l'interview
L'éthique de la radiodiffusion ne se limite pas à l'entretien lui-même. Les personnes vulnérables peuvent ressentir une détresse émotionnelle ou psychologique après avoir partagé leur histoire. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent donc prendre des mesures pour s'assurer que leur engagement envers les personnes vulnérables interviewées ne s'arrête pas une fois l’enregistrement terminé.
- Assurez-vous que la personne interviewée comprend comment le contenu sera utilisé: après l'interview, il est important de rappeler à la personne interviewée comment son contenu sera utilisé, quand il sera publié ou diffusé, où il sera partagé et qui pourra y avoir accès. Cela permet aux personnes interviewées de se sentir rassurées quant à la portée de la diffusion de leur témoignage. Il est également utile de leur offrir la possibilité de revoir le contenu final avant sa diffusion publique, leur permettant ainsi de se sentir à l'aise avec le résultat.
- Fournissez des ressources pour un soutien émotionnel ou psychologique : partager des histoires personnelles difficiles peut être éprouvant sur le plan émotionnel, et certaines personnes peuvent en ressentir les effets sous forme de traumatisme ou de détresse. Si une personne interviewée semble bouleversée après l'interview, proposez-lui des informations sur les services de conseil ou les groupes de soutien locaux. Bien que les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses ne soient pas tenus de fournir un soutien direct, le fait d'orienter les personnes interviewées vers des ressources appropriées peut faire une différence significative pour leur bien-être.
À titre préventif, vous pouvez inviter la personne interviewée à se faire accompagner d'un ami de confiance pendant l'entretien.
- Permettez aux personnes interviewées de retirer leur consentement après l'interview: dans certains cas, les personnes peuvent regretter d'avoir partagé leur histoire après coup. Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent donc leur offrir la possibilité de retirer leur consentement à la publication ou à la diffusion de l'interview si elles se sentent mal à l'aise avec cette exposition. Cette option témoigne du respect des besoins émotionnels de la personne interviewée et la protège contre les regrets ou les préjudices éventuels.
Le soutien après l'interview montre que les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses s'engagent à veiller au bien-être de leurs interviewés même après la diffusion, ce qui contribue à une approche plus éthique et plus humaine du journalisme.
9. Considérations éthiques avant la diffusion
Avant de diffuser ou de publier du contenu impliquant des personnes vulnérables, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent prendre le temps de réfléchir aux implications éthiques potentielles. Diffuser précipitamment du contenu sensible sans y avoir mûrement réfléchi peut avoir des conséquences imprévues, notamment porter atteinte à la personne interviewée.
Vérifiez que le contenu respecte les normes éthiques : examinez minutieusement l'interview afin de vous assurer qu'elle est conforme aux directives éthiques. Cela implique notamment de vérifier qu'aucun élément ne révèle involontairement trop d'informations sur la personne interviewée ou ne la présente sous un jour négatif. C'est également l'occasion de s'assurer que le consentement, la vie privée et l'exactitude ont été respectés.
Réfléchissez à l'impact sur la vie de la personne interviewée : les conséquences potentielles de la diffusion d'un reportage impliquant une personne vulnérable doivent être soigneusement pesées. La diffusion pourrait-elle l'exposer à un risque de préjudice ou de stigmatisation ? Pourrait-elle l'exposer à la critique publique ou à des poursuites judiciaires ? Les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent s'efforcer de minimiser tout impact négatif en ajustant le contenu ou en omettant certains détails, si nécessaire.
En cas de doute, consultez des experts ou des directives éthiques : face à des dilemmes éthiques, il est toujours préférable de demander conseil plutôt que d'agir dans l'incertitude. Consultez les directives éthiques d'organisations journalistiques réputées ou discutez avec des experts en éthique ou en droit des médias. Cela peut aider les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses à prendre des décisions éclairées et à éviter les actions susceptibles de nuire à des personnes vulnérables.
En effectuant une dernière vérification éthique avant la diffusion, les journalistes peuvent s'assurer que leurs reportages sont non seulement informatifs, mais aussi sensibles et respectueux des personnes qu'ils couvrent.
Conclusion
Une diffusion radiophonique éthique ne consiste pas seulement à raconter des histoires, mais à le faire de manière à respecter la dignité et la sécurité des personnes qui se cachent derrière ces histoires. La radiodiffusion offre une plateforme puissante pour informer le public, mais ce pouvoir s'accompagne de la responsabilité de veiller à ce que les reportages ne causent pas de préjudice, en particulier aux personnes vulnérables.
Une diffusion éthique ne se limite pas au respect des normes, mais vise à instaurer la confiance, à défendre les droits humains et à contribuer au bien-être de la société. En accordant la priorité aux considérations éthiques, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses renforcent l'intégrité de leur profession et contribuent à façonner un paysage médiatique qui valorise autant la compassion que l'exactitude.
Dans un monde où les populations vulnérables ont souvent du mal à trouver des plateformes pour partager leurs expériences en toute sécurité, le journalisme éthique garantit que leurs histoires sont racontées avec respect et attention, ce qui renforce la mission fondamentale des médias : informer, autonomiser et protéger. En suivant ces principes éthiques, les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent jouer un rôle essentiel dans la construction d'une société plus juste, plus compréhensive et plus empathique, dans laquelle la vérité est rapportée sans compromettre le bien-être des personnes concernées.
Références pour approfondir le sujet
- Directives éditoriales de la BBC – Traiter avec des contributeurs vulnérables : les directives éditoriales complètes de la BBC constituent la référence en matière de pratiques éthiques dans le domaine du journalisme. Elles mettent l'accent sur la nécessité d’adopter une approche sensible lorsqu'on travaille avec des contributeurs vulnérables, en proposant des règles spécifiques sur l'obtention du consentement éclairé, le respect de la vie privée et la garantie qu'aucun préjudice ne sera causé aux personnes participant à des programmes médiatiques. Les directives décrivent également les mesures que les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses doivent prendre pour protéger les enfants, les victimes de traumatismes et d'autres groupes vulnérables contre l'exploitation ou la déformation de la réalité. Cette ressource est essentielle pour toute personne travaillant dans le domaine de la radiodiffusion, qui fournit des normes claires pour maintenir l'intégrité journalistique tout en protégeant les personnes vulnérables. Lisez les directives ici : https://www.bbc.com/editorialguidelines/guidance/vulnerable-contributor
- Directives éthiques de l'UNICEF pour les reportages sur les enfants : les directives de l'UNICEF fournissent un cadre mondialement reconnu pour les reportages sur les enfants, en particulier ceux qui se trouvent dans des situations vulnérables ou difficiles. Ces directives soulignent l'importance d'obtenir le consentement éclairé de l'enfant et de son tuteur, de protéger l'identité des enfants et d'utiliser un langage qui les valorise plutôt que de les stigmatiser. Elles traitent également de la manière de gérer les dilemmes éthiques lors de reportages sur des enfants en situation de conflit, de déplacement, de maltraitance ou de pauvreté. Ces directives sont indispensables pour les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses qui souhaitent rendre compte de manière éthique de la situation des enfants, tout en respectant leurs droits et leur dignité. Vous trouverez ces directives ici.
- Reporters sans frontières – Manuel à l'usage des journalistes : ce manuel offre des informations précieuses et des conseils pratiques aux journalistes qui couvrent des sujets sensibles et potentiellement dangereux. Bien qu'il aborde un large éventail de questions, il met particulièrement l'accent sur le journalisme éthique lorsqu'il s'agit de personnes vulnérables. Il fournit des conseils détaillés sur la manière d'aborder les personnes qui ont subi un traumatisme, un conflit ou des persécutions, notamment des stratégies pour poser des questions sensibles sans les traumatiser à nouveau. Le manuel souligne l'importance d'un reportage responsable et constitue une lecture incontournable pour les journalistes confrontés à des défis éthiques dans leur travail. Le manuel est disponible en téléchargement 2015-rsf-safety-guide-for-journalists.pdf.
- Dart Center for Journalism and Trauma – Interviewing Vulnerable People : Le Dart Center est spécialisé dans l'aide aux journalistes pour les aider à naviguer dans les complexités des interviews de survivants de traumatismes et d'autres groupes vulnérables. Ses ressources proposent des stratégies pratiques pour mener des interviews de manière à minimiser les dommages et à respecter l'état émotionnel de la personne interviewée. Il propose des formations sur la manière de poser des questions réfléchies et empathiques, de gérer les entretiens émotionnels et de s'assurer que le processus d'entretien lui-même n'aggrave pas le traumatisme de la personne interviewée. Les directives du centre sont particulièrement utiles pour les journalistes qui cherchent à trouver un équilibre entre la nécessité de raconter des histoires captivantes et la responsabilité éthique de ne pas causer de préjudice. Pour en savoir plus : https://dartcenter.org/topic/interviewing
- Ethical Journalism Network est une coalition de plus de 70 groupes médiatiques du monde entier. Il met l'accent sur cinq principes fondamentaux : vérité et exactitude, indépendance, équité et impartialité, humanité et responsabilité. Il propose plusieurs ressources et cours en ligne pour en savoir plus sur des sujets importants tels que l'éthique dans le journalisme, le reportage sur les migrations et l'éthique de la photographie. https://ethicaljournalismnetwork.org/training
Ces références offrent des conseils essentiels pour aider les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses à naviguer dans les complexités éthiques des interviews et des reportages sur des personnes vulnérables. En intégrant ces ressources dans leur pratique, les journalistes et les radiodiffuseurs et radiodiffuseuses peuvent s'assurer que leur travail reste éthique, respectueux et attentifs aux besoins des personnes interviewées.
Rédigé par : Paul Jimbo, formateur en médias, Sud-Soudan. Ancien collaborateur de BBC Media Action, Internews Network-South Sudan, Journalists for Human Rights, et consultant auprès de l'UNESCO, du PNUD Norwegian People's Aid et du FNUAP au Sud-Soudan.
Révisé par : Julie Langelier, responsable des projets • Programmes • Radios Rurales Internationales (RRI)
Autres sources d'information:
- Bennett, L. (2015). Media Ethics and Reporting in Emergencies. Routledge.
- Brayne, Mark. (2007). Trauma & Journalism: A guide for journalists, editors and managers.” Dart Center. https://dartcenter.org/sites/default/files/DCE_JournoTraumaHandbook.pdf
- Campbell, R. (2013). The Relational Context of Sexual Assault Victims’ Experiences with the Media. Violence Against Women, 19(7), 794-814.
- Cherry, Tamara (2022). « Trauma-informed journalism: Tips for telling important stories, better.” Pickup Communications. https://www.pickupcommunications.com/tips
- Cottle, S. (2019). Journalism, Ethics, and Globalization: Challenging Mainstream Media Representation. Routledge.
- Elliott, D. M. (2005). Crisis and Trauma: Interventions for Emotional and Psychological Aftermath. Journal of Trauma Practice, 3(2), 55-70.
- Fletcher, A., & Bair, M. (2018). Indigenous Media: Representation and Reality. Cultural Studies Review, 24(2), 132-147.
- Gonzales, L. M., McNinch, J. M., & Vang, S. (2019). Community-Based Media: Strategies for Accurate Representation. Journal of Community Engagement and Scholarship, 12(1), 49-58.
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- IJNET. (2021) “Reporting on refugee communities: Crowdsourcing, fact-checking and ethics.” IJNET. https://ijnet.org/en/resource/reporting-refugee-communities-crowdsourcing-fact-checking-and-ethics
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- HCR. Entretiens avec des réfugiés ou des demandeurs d'asile et récits les concernant. HCR https://www.unhcr.ca/journalism-guide/interview-guide/
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- Organisation mondiale de la santé (OMS). (2018). Directives éthiques pour la recherche en santé impliquant des populations vulnérables. OMS.
