Qu’est-ce qu’un montage audio?

Le montage audio est un procédé qui consiste à utiliser un support électronique pour raccourcir, supprimer, réagencer ou sectionner un élément audio en segments.

En quoi cela peut-il m’aider à mieux servir mon auditoire?

  • Les membres de mon auditoire n’entendront que ce qui est important et essentiel dans le récit.
  • Mon auditoire ne s’ennuiera pas avec des déclarations ou des explications trop longues.
  • Les interjections telles que « euh » et « ah » ne distrairont pas mon auditoire.

En quoi cela peut-il m’aider à réaliser de meilleures émissions?

  • Le montage de mon élément audio me permet de réaliser des émissions qui commencent et prennent fin dans le temps alloué à l’émission.
  • En supprimant les éléments audios insignifiants, inefficaces ou non divertissants, je peux utiliser plus d’éléments audios importants, efficaces ou divertissants.
  • Je peux rendre mon émission plus intéressante en agençant les segments (extraits) suivant un ordre logique qui permet de narrer un récit ou faire une démonstration.

Par où commencer?

  1. Éthique afférente au montage : soyez précis, honnête et impartial.
  2. Étudiez votre logiciel de montage.
  3. Soyez prévoyant.
  4. Enregistrez votre élément audio et téléchargez-le sur votre ordinateur.
  5. Écoutez votre fichier audio et prenez des notes. Déterminez ce sur quoi vous devez mettre l’accent.
  6. Choisissez un format de production.
  7. Supprimez les plus longs segments de l’élément audio qui ne vous intéressent pas.
  8. Agencez l’élément audio de sorte qu’il s’harmonise à la façon dont vous voulez narrer le récit.
  9. Peaufiner le montage.
  10. Écoutez et procédez ensuite au mixage du produit final.

Détails

1. Éthique afférente au montage : soyez précis, honnête et impartial. 

Il s’agit d’un point de départ important, car cela vous permettra de prendre les bonnes décisions lorsque vous entamerez le montage.

Lorsque nous effectuons un montage, nous proposons une représentation audio légèrement différente de ce qui s’est réellement produit. Cela n’est pas une mauvaise chose. Notre travail en tant que radiodiffuseurs et radiodiffuseuses consiste à présenter un compte rendu impartial et exact des événements et des problèmes. Ce travail consiste à choisir ce qu’il faut inclure ou exclure sur la base de l’idée maîtresse du récit et des besoins de notre auditoire en matière d’informations. Nous disposons rarement de suffisamment de temps pour présenter tous les éléments. Par conséquent, nous devons supprimer des extraits de l’enregistrement qui sont hors sujet, qui portent à confusion, et qui sont distrayants ou monotones pour l’auditoire.

Imaginons par exemple que vous réalisez un reportage sur des problèmes qu’ont les agriculteurs et les agricultrices avec la qualité des semences qu’ils achètent.

Extrait monté : Les semences de manioc que j’ai achetées n’ont pas germé.

Enregistrement original : Seules quelques-unes des semences de manioc que j’ai achetées, comme vous l’a déclaré également mon mari, n’ont pas germé.

Il y a une grande différence entre ces deux versions. En supprimant la première locution « Seules quelques-unes » vous modifiez le sens de l’énoncé original. En supprimant « comme vous l’a également déclaré mon mari », la phrase garde le même sens. Il est plutôt préférable de simplifier l’énoncé en supprimant les informations inutiles.

Le montage est un puissant outil pour les radiodiffuseurs et les radiodiffuseuses. Il est important de voir en quoi la suppression de certains éléments peut changer la signification d’un énoncé.

Assurez-vous d’utiliser des qualificatifs. Il est injuste d’insinuer qu’une chose a été déclarée comme un absolu si la personne a nuancé sa réponse, comme le démontre l’exemple concernant la germination des semences ci-dessus.

Par exemple : le contenu intégral d’un enregistrement original pourrait se présenter comme suit : « Les pesticides sont efficaces. Un grand nombre d’agriculteurs et d’agricultrices en dépendent. Toutefois, elles présentent de graves inconvénients pour l’environnement, la santé et même l’agriculture. » Mais, le fait de le réviser en déclarant : « Les pesticides sont efficaces. Un grand nombre d’agriculteurs et d’agricultrices en dépendent » ne reflète pas de manière exacte et juste la citation originale.

Pour en savoir davantage sur l’importance de l’impartialité, l’exactitude, l’intégrité et le respect en matière de radiodiffusion, consultez le guide pratique pour la radiodiffusion de RRI intitulé : Normes journalistiques F.A.I.R.E pour les émissions agricoles.

2. Étudiez votre logiciel de montage. 

Il existe plusieurs programmes de montage. Certains sont sophistiqués, et vous permettent d’ajouter des effets spéciaux. D’autres sont rudimentaires, et d’autres ont des graphismes qui facilitent la navigation. Quel que soit celui que vous utilisez, cela vaut la peine de vous entraîner là-dessus avant de commencer à réaliser des émissions radiophoniques avec ça. En tant que radiodiffuseurs et radiodiffuseuses, nous avons des délais à respecter. La non-maîtrise de votre programme ralentira votre travail. De plus, le fait de bien connaître le programme vous permettra de faire de meilleurs montages.

3.Soyez prévoyant.

Il est important de prévoir le type d’informations dont vous avez besoin pour votre émission, et le temps dont vous disposez pour les présenter. Le simple fait d’être capable de monter vos fichiers audios ne signifie pas que vous ne devez pas préparer et organiser soigneusement votre interview. Au regard des délais et du temps limité dont vous disposez durant une émission, il vous faut dès le départ vous assurer que le sujet de votre enregistrement est le plus circonscrit possible. Il est beaucoup plus facile d’épurer une interview de 15 minutes pour en avoir une de 10 minutes que de réviser une interview de 30 minutes afin d’en obtenir une de 10 minutes. Lorsque votre fichier audio contient trop d’informations, il est plus difficile de choisir celles qu’il faut inclure dans le montage, et il est fort probable que vous déformiez le sens de l’enregistrement original.

4. Enregistrez votre élément audio et téléchargez-le sur votre ordinateur. 

Il est plus facile de monter un enregistrement de bonne qualité. S’il y a un fond sonore comme celui d’une voiture en marche, d’enfants qui jouent ou d’une radio en marche, le montage sera plus difficile. Le fond sonore sera déséquilibré et distraira l’auditoire. Si vous n’avez aucun choix que d’enregistrer dans un espace bruyant, enregistrez quelques minutes de fond sonore seulement. Puis, mixez-le sous voix de sorte qu’il soit moins perceptible dans vos montages.

Une fois en possession de vos enregistrements, téléchargez-les sur votre ordinateur. Pour vous faciliter la tâche, étiquetez chaque fichier audio par un nom descriptif tel que le nom de l’invité et le sujet. Ce pourrait être par exemple : Elizabeth semences de manioc. Pour en savoir davantage sur l'archivage des fichiers audios, consultez le guide pratique pour la radiodiffusion  de RRI sur la sauvegarde, l'organisation et l'archivage des émissions radiophoniques.

5. Écoutez votre fichier audio et prenez des notes. Déterminez ce sur quoi vous devez mettre l’accent. 

Beaucoup de radiodiffuseurs et de radiodiffuseuses transcrivent leurs enregistrements mot pour mot. Cela est pratique, car la lecture de la transcription est plus rapide qu’une nouvelle écoute de l’enregistrement. Vous pouvez vous baser sur la version écrite pour prendre vos décisions concernant le montage. Vous pouvez réagencer les extraits en coupant et en collant du texte sur votre ordinateur ou votre portable.

Cependant, la transcription mot à mot des enregistrements comporte deux inconvénients. Le premier est que la transcription demande énormément de temps. Le deuxième est qu’un montage qui paraît bien sur le papier peut sembler horrible pour l’oreille. Un intervenant peut terminer une phrase en riant, ou le ton de sa voix peut monter. La phrase que vous avez transcrite sur papier et voulez inclure dans le montage ne capturera pas ce rire ou le ton qui monte, et un montage effectué à partir d’une transcription peut sembler mauvais dans une version audio, ou être distrayant pour l’auditeur ou l’auditrice. Si vous décidez de transcrire, vous devez également écouter attentivement la version audio des montages que vous avez faits sur la copie, et vous assurez que le débit est bon.

Une autre approche consiste à prendre des notes brèves et descriptives pendant l’écoute. Vous pouvez utiliser des codes horaires pour marquer d’importants segments, par exemple : lorsqu’Elizabeth déclare que juste quelques-unes de ses semences n’avaient pas germé. Vos notes pourraient ressembler à ce qui suit :

(Durée de l’extrait)     (Description)

12:53 – 13:00        E – seules quelques semences n’ont pas germé

13:44 – 16:22        E – préoccupée par la sécheresse, car ses cultures se fanent dans le champ

17:15 -  18:30       E – mentionne l’aide apportée par le fils et la fille

21:02 – 25:00       E – récit de la visite de l’agent de vulgarisation agricole. Elle demande de l’aide; il promet de l’aider, mais E pense qu’il est trop tard

Que vous transcriviez chaque mot ou preniez de brèves notes, il est important de maîtriser le procédé d’enregistrement de votre élément audio avant d’entamer le montage. Une fois que vous savez ce que vous avez, alors vous pouvez décider de l’idée maîtresse de votre élément.

L’idée maîtresse est mieux décrite par une seule phrase qui stipule : quelqu’un fait quelque chose pour une raison. L’idée maîtresse de l’histoire d’Elizabeth pourrait être : Elizabeth (quelqu’un) demande de l’aide à l’agent de vulgarisation agricole (fait quelque chose), car (pour une raison) ses cultures fanent dans le champ. Cette idée maîtresse vous orientera par rapport à ce qu’il faut garder et ce qu’il faut supprimer. Dans ce cas, vous n’avez pas besoin d’utiliser l’extrait d’Elizabeth affirmant qu’elle avait eu une bonne germination. Vous utiliserez les extraits (ou une partie des extraits) sur la sécheresse, le récit de l’agent de vulgarisation, et (éventuellement) ses enfants qui l’aident, mais uniquement s’ils sont en adéquation avec le sujet de l’émission.

6. Choisissez un format de production.

Vous pouvez présenter votre version audio enregistrée sous plusieurs formes. Par exemple : il pourrait s’agir d’une série de courts extraits reliés par un texte radiophonique. Ce pourrait être une interview conventionnelle ou encore un entretien individuel. Le procédé de montage est le même pour tous ces formats. Mais la façon dont vous abordez chaque format est différente. Si vous choisissez de courts extraits reliés par un texte, vous devez choisir ceux contenant des énoncés clairs et concis ou des moments d’émotion.

Il est certainement préférable que le présentateur ou la présentatrice explique les concepts complexes ou comportant d’abondantes informations, car il ou elle peut prendre le temps de les rédiger et les améliorer. Toutefois, il leur est impossible de susciter de l’émotion. Ça, c’est le travail de votre invité. Cette personne est également mieux placée pour expliquer pourquoi elle a fait ou non quelque chose. Lorsque vous rédigez des notes de montage descriptives, il est également pratique de noter si un extrait a un bon contenu émotionnel.

Si vous choisissez l’interview, il vous faudra supprimer les pauses, les fautes (celles des personnes interviewées et les vôtres) et peut-être réagencer l’ordre des questions et des réponses pour qu’il y ait une suite logique dans l’interview. Vous devrez également essayer de raccourcir les réponses. Il est plus facile pour l’auditoire d’écouter quelque chose qui est court et focalisé.

L’entretien individuel est le plus souvent une interview sans question. Le montage de cet entretien suppose qu’il vous faudra supprimer vos questions et réagencer les éléments restants du fichier audio de sorte qu’on ait l’impression que votre invité raconte simplement une histoire. Pour ce format, il est important de demander à votre invité de répondre à vos questions par des phrases complètes. Si la personne ne le fait pas, le montage sera très difficile.

Voici un exemple :

Version 1

Intervieweur : Quelle est la première chose que vous faites lorsque vous vous préparez pour les semis?

Agriculteur : Arpentage des champs. Je vérifie leur teneur en eau.

Intervieweur : Et, ensuite, que faites-vous?

Agriculteur : La banque. Il se peut que j’aie besoin d’un prêt. La récolte n’a pas été très bonne l’an dernier. Alors, je risque de semer une autre variété. Il existe de nouvelles variétés qui pourraient s’avérer plus efficaces si on les cultivait en saison sèche.

Version 1 montée

Agriculteur : Arpentage des champs. Je vérifie leur teneur en eau. La banque. Il se peut que j’aie besoin d’un prêt. La récolte n’a pas été très bonne l’an dernier. Alors, je risque de semer une autre variété. Il existe de nouvelles variétés qui pourraient s’avérer plus efficaces si on les cultivait en saison sèche.

Bien, cela n’a pas très bien fonctionné. N’oubliez pas de demander à votre invité de répondre par des phrases complètes. 

Version 2 (après que vous ayez montré à votre invité comment répondre par des phrases complètes)

Intervieweur : Quelle est la première chose que vous faites lorsque vous vous préparez à semer?

Agriculteur : La première chose que je fais quand je me prépare à semer consiste à arpenter les champs. Je vérifie leur teneur en eau.

Intervieweur : Et, ensuite, que faites-vous?

Agriculteur : Ensuite, je me rendrai à la banque. Il se pourrait que j’aie besoin d’un prêt. La récolte n’a pas été très bonne l’an dernier. Alors, je risque de semer une autre variété. Il existe de nouvelles variétés qui pourraient s’avérer plus efficaces si on les cultivait en saison sèche.

Version montée

Agriculteur : La première chose que je fais quand je me prépare à semer consiste à arpenter les champs. Je vérifie leur teneur en eau. La récolte n’a pas été très bonne l’an dernier. Il existe de nouvelles variétés qui pourraient s’avérer plus efficaces si on les cultivait en saison sèche. Alors, je risque de semer une autre variété. Ensuite, je me rendrai à la banque. Il se pourrait que j’aie besoin d’un prêt.

Vous pourriez montrer par exemple aux personnes que vous interviewez comment le microphone fonctionne, comment utiliser des phrases complètes, répondre uniquement à la question qui leur a été posée, ou ne pas parler trop longtemps. Cela rendra le montage plus facile.

7. Supprimez les plus longs segments de l’élément audio qui ne vous intéressent pas.

Il est plus facile de commencer le montage en vous débarrassant des longs segments de l’enregistrement audio qui ne vous intéressent pas. Pour savoir ce que vous voulez garder, pourquoi ne pas prendre des notes ou transcrire le contenu, puis choisir ce sur quoi vous voulez mettre l’accent ? Éliminez ce qui ne cadre pas avec votre idée maîtresse. Assurez-vous que votre logiciel vous permet de faire un montage non destructif*. Il est préférable de ne faire aucune modification tout au début du fichier audio que vous voulez conserver ni vers la toute fin du fichier. Laissez un mot ou deux, voire trois; laissez une respiration ou une pause. Vous vous en occuperez au moment de peaufiner le montage.

8. Agencez l’élément audio de sorte qu’il s’harmonise à la façon dont vous voulez narrer le récit.

À l’instar de l’exemple susmentionné, il nous faut parfois réagencer les éléments du fichier audio pour garantir une suite logique. Nos invités, quel que soit leur génie, peuvent, plus tard au cours d’une interview, se rappeler un point qui aurait dû être mentionné au début. Sinon, vous pouvez poser une question au début, qui devrait plutôt être posée vers la fin. Tant que le réagencement ne change pas le sens, il est raisonnable de le faire. Nous recréons la réalité pour présenter une histoire vraie.

9. Peaufiner le sondage.

C’est là où les choses se compliquent, mais deviennent amusantes aussi. En fait, ce que vous essayez de faire en peaufinant c’est vous assurer que le produit final reflète la façon dont votre invité s’exprime vraiment, c’est-à-dire suivant le même rythme.

La respiration
Lorsqu’on parle, on respire. Mais les gens ne prennent généralement pas une respiration avant de dire quelque chose. Ils la prennent après s’être exprimés. Par conséquent, les auditeurs et les auditrices s’attendent d’habitude à entendre la respiration qui suit ce qu’une personne dit, et pas celle qui vient avant la déclaration suivante qu’elle fera. Quelle que soit la fréquence respiratoire, lorsque vous éliminez des phrases, vous devez faire attention à la respiration.

Parfois, une personne termine une phrase et vous voulez faire le montage après son dernier mot. Si elle prend une respiration après avoir dit son dernier mot, laissez celle-ci dans l’enregistrement. Supprimez les éléments audios qui vous désintéressent et entamez la prochaine phrase qui vient à la fin de la respiration.

Ça devrait ressembler à ceci :

Par exemple: si vous voulez supprimer les phrases 2 à 6, ça pourrait ressembler à ceci:

Phrase 1 (& respiration) modifiée en (aucune respiration) phrase 7.

Le rythme a surtout trait aux espaces entre les mots et les périodes de respiration. Le fait d’observer une légère pause avant la respiration et la respiration elle-même à la fin de la Phrase 1 permet de conserver le débit naturel de l’invité.

Si vous faites beaucoup de montages, l’utilisation de cette technique pourrait nécessiter que vous enregistriez une respiration au début de chaque phrase. Écoutez l’enregistrement original pour savoir à quelle fréquence l’intervenant respire. Puis, faites votre montage en conséquence.

Peut-être que vous remarquerez, après avoir monté un segment particulier, qu’il n’y a pas de pauses-respiration. Si tel est le cas, vous pouvez copier une respiration d’une autre partie du fichier audio pour l’y insérer et maintenir ainsi un débit naturel.

Il s’agit de faciliter l’écoute aux auditeurs et aux auditrices. S’ils sont distraits par un invité qui prend trop de respirations, ou pas suffisamment de respirations, leur attention se détournera du contenu. Lorsque les personnes qui font le montage ne prêtent pas attention à la respiration, ils peuvent se retrouver avec trop de variations au niveau du montage final. Le fait d’essayer de se débarrasser de chaque moment de silence dans un enregistrement peut faire en sorte que l’élocution d’une personne paraisse très artificielle.

Les hésitations
Lorsqu’un invité prononce mal ou hésite sur un mot, la personne peut répéter celui-ci. Les gens le prononcent généralement avec plus de vigueur. Si vous supprimez la faute et allez directement au bon mot, cela semblera bizarre. Si cela est possible, il est préférable de combiner l’erreur et le bon mot.

Voici un exemple :

Agriculteur : j’ai planté mon maniod … excusez, je veux dire manioc, dans un très bon sol.

Pour corriger la faute, prenez le manio de l’erreur et complétez-le avec le reste du mot de la reprise.

Agriculteur : J’ai planté mon manio c dans un très bon sol.

Cela sonnera beaucoup plus naturellement.

Il est plus facile de faire un montage après une consonne dure comme un « c » ou un « t » et ça sonne mieux. Ces sons ont un début et une fin distincts. Les sons plus doux tels que « s » et « m » peuvent être allongés et, parfois, intégrés au mot suivant, ce qui fait qu’il est un peu plus difficile pour la personne qui fait le montage de couper proprement. Cependant, un « s » placé à la fin d’une expression ou d’une phrase constitue un bon endroit pour faire une coupure. Un « s » a ce qu’on appelle une décroissance naturelle, à savoir que le son diminue tout seul.

La pause
Les pauses permettent de maintenir un bon rythme, mettre l’accent sur un commentaire ou marquer un changement de direction au niveau du contenu. Elles font partie du langage naturel.

Les auditeurs et les auditrices réagissent au silence en prêtant à nouveau attention. Ils entendent un changement, et brusquement plus aucun son ne provient de leur radio et cela les intrigue.

Pour insérer une pause, écoutez l’enregistrement et trouvez une des pauses naturelles de l’invité. Copiez-la et insérez-la où vous en avez besoin. Elle aura le bon fond sonore.

Quelle doit être la durée d’une pause? Il n’y a pas de bonne réponse ou de formule magique. Mais, généralement, une pause doit durer aussi longtemps que le temps qui s’écoule entre une inspiration et une expiration. Cela permet aux auditeurs et aux auditrices de souffler un peu. Les pauses plus longues créent plus de tension dramatique, mais elles peuvent être mal utilisées.

Le fondu et le fondu enchaîné

La plupart des programmes de montage vous permettent de monter et diminuer le volume des éléments audios. Cela signifie qu’en moins d’une seconde, le volume de l’élément audio augmente ou diminue. Le fondu adoucit la transition d’une tranche de l’élément audio à une autre. Les fondus sont très pratiques lorsqu’il y a toutes sortes de signaux sonores de fond.

Un fondu enchaîné c’est lorsqu’un son s’estompe progressivement pendant qu’un autre apparaît en même temps. Les fondus enchaînés sont pratiques lorsqu’il y a de petites différences au niveau du signal sonore de fond. À l’instar des fondus, ils adoucissent plus la transition d’un son à un autre.

10. Écoutez et procédez ensuite au mixage du produit final.

Une fois tous les montages terminés, il est important d’écouter ce que vous avez fait. Vous écoutez pour être certain que cela a du sens. Vous écoutez pour voir s’il y a des montages bruts qu’il faut rendre plus homogènes. Vous écoutez pour contrôler le rythme.

Une fois satisfait, vous pouvez procéder au mixage de votre travail. Cela signifie que votre logiciel consigne toutes vos modifications dans un nouveau fichier audio permanent. Avec la majeure partie de programmes de montages, le cas échéant, vous pouvez toujours revenir dans le fichier audio avant de le mixer et faire d’autres montages, et le mixer à nouveau par la suite. Assurez-vous toujours que vos montages sont non destructifs*.

Conclusion

Le montage exige de la pratique, mais cela en vaut la peine! Le fait de connaître le logiciel avec lequel vous travaillez, de planifier les choses, d’avoir une idée maîtresse précise et de comprendre les bases du montage audio vous aidera à préserver l’intégrité de ce qui a été dit et être certain que le rythme paraît naturel. Cela augmentera considérablement la satisfaction de l’auditoire. Cela vous permettra de capter plus son attention et de lui fournir les informations dont il a besoin, au moment où il en a besoin.

Définitions

Fondu : c’est lorsque le volume d’un son diminue progressivement.

Fondu enchaîné : un fondu enchaîné c’est quand un son s’estompe progressivement pendant qu’un autre augmente en même temps.

Montage non destructif : un montage non destructif est une forme de montage audio, vidéo ou d’images dans lequel le contenu original n’est pas modifié au cours du montage. À la place, un logiciel spécialisé précise et modifie les montages.

Rythme : le rythme est la cadence qu’on entend dans une production audio. On le perçoit généralement comme la manière dont les pauses sont utilisées. Moins il y a d’espace entre les mots ou entre les extraits, plus rapide sera le rythme. Celui-ci ralentira s’il y a plus de pauses. Une production audio bien rythmée comportera une plus grande variété de pauses, allant de zéro pause aux longues pauses. Un bon rythme peut ajouter de la tension et de l’émotion à une production.

Remerciements

Rédaction : Dick Miller, réalisateur de radio indépendant, formateur, et ancien réalisateur de documentaires radiophoniques à CBC.

Le présent guide pratique pour la radiodiffusion a été produit avec l’appui financier de la Bill & Melinda Gates Foundation dans le cadre du projet Staples en Éthiopie.